Edito : Que grandisse l’amour pour la mission !…

L’Eglise joue, d’une certaine manière, les prolongations du Temps Pascal avec ces 3 solennités : la Sainte Trinité,  le Corps et le Sang du CHRIST, le Sacré-Cœur de JESUS. Mais depuis la Pentecôte, l’Eglise vit le temps de l’envoi, de la mission :  » Allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile à toute la création  » (Mc 16,15).

 » Adhérer à cet ordre du Seigneur n’est pas une option pour l’Eglise: c’est sa « tâche obligatoire », comme l’a rappelé le Concile Vatican II, [Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise Ad gentes] puisque l’Eglise « par nature, est missionnaire ». « Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser ». « 

 » Dans l’Exhortation apostolique ‘ L’Evangile de la joie ‘, (…) j’ai voulu présenter de nouveau à toute l’Eglise cette vocation urgente : L’activité missionnaire ‘ représente, aujourd’hui encore, le plus grand des défis pour l’Église’ et ‘ la cause missionnaire doit avoir la première place ‘  « 

Mettre toute l’Eglise en état effectif de mission, n’est-ce pas tout l’effort du pape François ? C’est pourquoi il a demandé qu’en cette année 2019, ce ne soit pas seulement un dimanche d’octobre qui soit consacré à la Mission de l’Eglise, ni même une semaine, mais le mois tout entier !

 » J’espère que toutes les communautés feront en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles sont. Ce n’est pas d’une “simple administration” dont nous avons besoin. Constituons-nous dans toutes les régions de la terre en un “état permanent de mission”». Ne craignons pas d’entreprendre, avec confiance en Dieu et beaucoup de courage, « un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation. La réforme des structures, qui exige la conversion pastorale, ne peut se comprendre qu’en ce sens : faire en sorte qu’elles deviennent toutes plus missionnaires, que la pastorale ordinaire en toutes ses instances soit plus expansive et ouverte, qu’elle mette les agents pastoraux en constante attitude de “sortie” et favorise ainsi la réponse positive de tous ceux auxquels Jésus offre son amitié. (…)

Le pape François rappelle qu’il y a un siècle, en 1919, au sortir de la 1ère Guerre mondiale, le pape Benoit XV avait publié une Lettre apostolique qui exhortait à sortir des frontières des nations pour témoigner de la volonté salvifique de Dieu à travers la mission universelle de l’Eglise.

Que cet anniversaire soit  » un stimulant pour dépasser la tentation récurrente qui se cache derrière toute introversion ecclésiale, toute fermeture autoréférentielle dans ses propres limites sécuritaires, toute forme de pessimisme pastoral, toute nostalgie stérile du passé, pour s’ouvrir plutôt à la nouveauté joyeuse de l’Evangile. Même en ces temps qui sont les nôtres, déchirés par les tragédies de la guerre et minés par la triste volonté d’accentuer les différences et de fomenter les conflits, que la Bonne Nouvelle qu’en Jésus le pardon est vainqueur du péché, la vie est victorieuse de la mort, de la peur et de l’angoisse, soit portée à tous avec une ardeur renouvelée ainsi qu’une grande confiance et espérance. « 

 » Que les fidèles aient vraiment à cœur l’annonce de l’Evangile et la conversion de leur communauté en une réalité missionnaire et évangélisatrice ; afin que s’accroisse l’amour pour la mission, qui « est une passion pour Jésus mais, en même temps, une passion pour son peuple ».

Avant l’été qui arrive, et ses tentations de farniente… et d’assoupissement, laissons-nous provoquer par notre pape, laissons-nous provoquer par « ce que l’ESPRIT dit aux Eglises « … (Apocalypse 2,7.11.17.29 ; 3,13.22)

       (éditorial proposé par Jean BOURGET, pr.)