Edito :

Bienvenue, Voici l'édito du 10 au 23 février 2020

“Si l’Église n’annonce pas le Christ, elle se corrompt  Pape François

 “Si l’Église n’annonce pas le Christ, elle se corrompt”. Ainsi s’exprime le pape François dans un livre entretien, publié chez ‘Bayard’ le 8 janvier dernier : ‘Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire’.

Et le Pape souligne que évangéliser, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus,n’est pas de la compétence exclusive de groupes particuliers : « Jésus ne dit pas aux apôtres de former un groupe exclusif, un groupe d’élite » ; le baptême est suffisant pour annoncer l’Evangile… Le baptême suffit. Il n’est pas nécessaire d’imaginer un baptême double, un baptême spécial réservé à la catégorie des ‘laïcs engagés’’.… Il revient à tous les laïcs de rendre visible le Christ aux autres par le témoignage de leur vie’…  en vivant sur le mode missionnaire les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne.”

L’élan missionnaire ne peut être fécond que s’il se produit par attraction. Si c’est le Christ qui vous attire et que vous agissez parce que vous êtes attiré par le Christ, les autres n’ont aucune peine à s’en rendre compte. ”

Le travail humanitaire fait partie de la mission de l’Eglise. Tout dépend de l’amour qui anime le cœur de celui ou celle qui fait les choses. Ainsi, une soignante dans un hôpital, Fût-ce au milieu de personnes non chrétiennes, annonce l’Evangile par la charité avec laquelle elle soigne les malades et manifeste ainsi son amour pour Jésus et l’amour de Jésus pour les malades. ”

Et le pape François insiste sur la nécessité de l’inculturation. Il faut tenir compte des rythmes quotidiens et des événements ordinaires des lieux et des communautés humaines. Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre, d’une situation dans une autre… Le christianisme ne dispose pas d’un seul et unique modèle culturel… et il faut garder présent à l’esprit que le message révélé ne s’identifie à aucune culture.”  On peut se rappeler que les chrétiens d’origine juive, dans les premiers temps de l’Eglise, ont été portés à croire qu’il fallait se couler dans la culture juive pour être chrétiens… St Paul fait saisir qu’on pouvait bien être chrétien dans une culture grecque.

Le pape note encore : Aujourd’hui, dans l’œuvre missionnaire aussi, il convient de ne pas emporter de lourds bagages, de se libérer de certaines sacralisations orgueilleuses de leur propre culture… Il s’agit de vivre avec les autres, de les suivre pas à pas , de demander à les accompagner à leur rythme.”

Il s’agit de faire goûter la tendresse de Dieu : “Annoncer l’Evangile à haute voix ne consiste pas à assiéger les autres à l’aide de discours apologétiques, à hurler rageusement à l’adresse des autres la vérité de la Révélation. Il n’est pas plus utile de lancer à la tête des autres des vérités et des formules doctrinales comme si elles étaient des pierres. Quand cela se produit, c’est le signe que les paroles chrétiennes elles-mêmes sont passées à travers un alambic et se sont transformées en idéologie…
Annoncer l’Evangile signifie transmettre à l’aide de mots sobres et précis le témoignage du Christ comme le firent les Apôtres. Mais il ne sert à rien d’inventer des discours persuasifs”…
C’est pourquoi la répétition littérale de l’annonce n’a pas d’efficacité en elle-même et peut tomber dans le vide si les personnes à qui elles s’adressent n’ont pas l’occasion de rencontrer et de goûter d’une manière ou d’une autre la tendresse de Dieu pour eux, et sa miséricorde qui guérit.”

Et le pape nous dit la force de la rencontre :
“Dans l’expérience commune, on n’est pas frappé si l’on rencontre quelqu’un

qui circule en martelant ce qu’est le christianisme, ce que sont le bien et le mal et ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour aller ou non en enfer ou au paradis. Dans l’expérience commune, il arrive le plus souvent d’être marqué par la rencontre avec une personne ou une réalité humaine qui surprennent par des gestes et des mots révélant leur foi dans le Christ. Ce n’est que dans le climat d’admiration et de stupeur provoquant des questions que cette personne et cette réalité humaine peuvent attester et proclamer le nom et le mystère de Jésus de Nazareth… La stupeur suscitée par ce que le Seigneur réalise dans les témoins précède habituellement l’annonce.”

Laissons-nous donc habiter par ‘la Joie de l’Evangile’ pour qu’elle s’épanouisse en nous, autour de nous, dans notre monde.

Joseph Bonhommeau