Edito : Après la « Fête Dieu »…

Bienvenue, Voici l'édito du 29 juin au 26 juillet 2020

Le dimanche 14 Juin  dernier, c’était la « Fête –Dieu », plus souvent appelée aujourd’hui fête du Corps et du sang du Christ.

Cette fête est née au XIIIème  siècle, à une époque où l’on communiait très peu et où certains pensaient que la présence eucharistique de Jésus cessait à la fin de la messe.

Pour répondre à ces affirmations, l’Eglise a réagi non par un discours,  mais par un acte.

On s’est mis à montrer l’hostie, après la messe, lors d’une procession.

Vu la circulation actuelle dans nos bourgs, il est difficile de revivre cela.

Au soir du Jeudi-Saint, l’Eglise fait solennellement mémoire de l’institution de l’Eucharistie par Jésus, lors du dernier repas pris avec ses disciples.

Si l’on songe à l’importance tout à fait centrale de l’Eucharistie dans la vie de l’Eglise, une telle fête n’est sans doute pas de trop pour raviver notre foi.

L’Eucharistie, dit le Concile Vatican II , est « source et sommet de toute notre vie chrétienne ».

L’absence de célébrations eucharistiques ouvertes au peuple, durant le confinement a eu pour effet indirect de raviver la faim de retrouver la communauté chrétienne célébrant l’Eucharistie … ou pour certains la seule faim du pain eucharistique.

De nos jours, une dévotion qui avait perdu un peu de son attraction refait surface.

C’est l’adoration du Saint Sacrement. Il y a même des sanctuaires populaires qui offrent des adorations perpétuelles.

Cela fait partie de la religion populaire, qui parle à l’affectivité de certains d’entre nous.

Elle ne doit pas être méprisée ni minimisée, encore moins rejetée.

Pourtant, il faut aussi rester vigilants sur certaines dérives, souvent inconscientes.

La présence permanente de Jésus ressuscité sous l’apparence du pain  eucharistique fait partie de la foi chrétienne. Mais, elle ne nous est pas donnée comme une « chose » obtenue sur commande individuelle .

Si Jésus a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas, ce n’est pas un hasard.

Il s’agit bien de nous nourrir de cette présence qui vient mettre en nous le germe de la vie éternelle, de la puissance de Résurrection qui est celle désormais de Jésus.

Il ne suffit pas d’adorer une présence, qui est « là-bas », dans l’hostie exposée dans un ostensoir.

L’Eucharistie n’a de sens que comme nourriture de vie, partagée en communauté.

La Réserve Eucharistique (le tabernacle) était avant tout destinée à apporter la communion aux malades.

Le danger n’est pas illusoire d’entretenir une relation  en quelque sorte  « chosifiée » avec Jésus.

De plus, une adoration du Saint Sacrement si elle est mal ajustée dans la prière chrétienne risquerait d’individualiser la relation au Christ ressuscité (moi et mon Jésus), alors que la célébration de l’Eucharistie est un acte éminemment communautaire, qui « constitue l’Eglise comme peuple de la Nouvelle Alliance », selon les termes du Concile Vatican II.

On le voit la fête du « Corps et du Sang du Seigneur » est précieuse, à condition de la situer dans l’ensemble  du mystère  eucharistique.

Quand on vient recevoir l’hostie consacrée, on  dit qu’on vient « communier au Corps du Christ. »

Dans ce mot « communier », il y a « union », « unité »…

Cela veut dire à la fois qu’on est plus uni au Christ :

nous avons part dès à présent à la vie que Jésus Ressuscité partage avec son Père : sa vie circule en nous.

Mais il faudrait aussi que « communier », cela veuille dire former une assemblée qui s’exerce mutuellement à vivre la communion entre ses membres, grâce à l’accueil et la mise en pratique de la Parole du Seigneur.

P. Régis, (aidé de bonnes lignes du P. Henri Gillard)