Edito :

Bienvenue, Voici l'édito du 27 juin au 24 juillet 2022

Les prêtres passent …

 

Les nominations de prêtres sont en cours dans différentes paroisses du diocèse, ce qui suscite toujours des questions de paroissiens. “Pourquoi ce changement ?”, se demande-t-on souvent.

             Jean Bourget terminait l’édito du précédent « Paroisse Info » par ces quelques lignes auxquelles je souscris :

« C’est la bienveillance mutuelle qui qui permettra à chacun d’accueillir le changement non comme un danger, mais comme l’invitation à vivre dans le  » Tout est grâce  » (Ste Thérèse de Lisieux), dans l’attitude eucharistique qui est la vocation de tout chrétien (Colossiens 3,15c :  » Vivez dans l’action de grâce  » = littéralement :  » devenez eucharistiques « ).

Pour éclairer le fait que les prêtres soient amenés à vivre une nouvelle mission, outre cette nécessaire bienveillance, je voudrais ajouter quelques éléments de réflexion :

Par son ordination presbytérale, le prêtre diocésain est fait collaborateur de son évêque. Il n’est pas prêtre à son compte, ou en électron libre. Lors de son ordination, une question lui est posée par l’évêque : “Promettez-vous de vivre en communion avec moi et mes successeurs, dans le respect et l’obéissance ?” Et le nouvel ordonné répond : “Je le promets”. Cela veut dire que le prêtre se rend disponible pour la mission qui lui sera confiée par son évêque.

Celui-ci, comme successeur des apôtres, a la charge pastorale de son diocèse. Il en voit les besoins, et appelle les prêtres dont il dispose pour y répondre. Un prêtre ne se donne pas sa mission, il la reçoit., ce qui n’empêche heureusement pas, que cela se fasse dans un dialogue fraternel entre le prêtre et son évêque.

Par ailleurs le changement d’un curé n’est pas sans intérêt pour une paroisse. En effet le prêtre, quel qu’il soit, a ses qualités, mais aussi ses limites. C’est un homme ! Alors le courant pastoral peut très bien passer avec certaines personnes et moins bien avec d’autres. Un autre prêtre viendra, lui aussi avec ses qualités et ses limites, et le courant passera différemment.

Les prêtres sont complémentaires les uns des autres avec leurs capacités respectives. Nul n’est parfait ! Ce changement peut donc être l’occasion d’un renouvellement dans la paroisse.

Et même si le prêtre était “parfait”, (ce qui n’existe pas !) serait-il normal que ce soit toujours la même paroisse qui bénéfice de ses qualités ? N’est-il pas opportun que d’autre communautés puissent aussi en bénéficier ?

Un autre élément de réflexion : un curé qui resterait trop longtemps dans une même paroisse ne risque-t-il pas de s’installer dans la routine et de “tourner en rond”, comme on dit. Un changement peut être bénéfique pour lui aussi, car ce changement l’amène à se remettre en cause, à se renouveler pour prendre en compte la situation de sa nouvelle paroisse. Mettre ainsi une limite de durée pour une responsabilité de curé est une mesure de sagesse pour le bien de tous.

Le curé, comme tout prêtre , est celui qui “passe” Ce n’est certes pas sans détachement, et celui-ci peut être douloureux pour lui ou les paroissiens, mais ces changements viennent nous rappeler, s’il en était besoin, que le prêtre n’est pas le Christ, Bon Pasteur. Il n’en est que le serviteur et le représentant. Le prêtre passe, le Christ demeure. C’est le Christ qui est le Roc de notre vie. C’est lui notre Maître et Seigneur.

Et avec tous ces changements l’Eglise continue localement avec sa mission d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Et, ensemble, nous en sommes tous responsables, selon la vocation qui est la nôtre.

Père Régis

NB : au fait, pour répondre à la question de Jean dans l’édito précédent, « Van Waesberghe », ça se prononce « Van Ouesbergue »